Au rythme d’un conte identitaire

FestivalConte_JudithPoirier
La conteuse Judith Poirier

Dans le cadre du festival interculturel du conte de Montréal, Judith Poirier a inauguré le 25 octobre dernier la première soirée du volet « LGBT/ femmes d’ici femmes du monde » à la Maison de la culture du plateau Mont-Royal. Narratrice et marraine du cercle des conteurs de Montréal, Judith, artiste éclectique nous emmène à travers son spectacle, Ballon chasseur, jukebox et autres questions existentielles, là où son histoire a commencé; au ballon chasseur. 

Vêtue d’une veste rouge, les lunettes sur le nez, Judith Poirier prend place sur son tabouret de scène. Lumière braquée sur elle, sourire enrôleur, elle nous embarque instantanément dans son imaginaire. La première page de son livre s’ouvre, voyage dans le temps imminent. Nous voilà dans les années 60 et le spectacle commence ici, dans un autobus, qui emmène Judith, 5 ans, et sa mère magasiner, sur un air de Dalida.

On se retrouve alors dans la peau de cette petite fille, qui découvre la vie, avec les « yeux du bonheur » comme elle le dit si bien. On se balade dans Montréal et Judith fait de la ville son terrain de jeu. Tantôt dans les ascenseurs des grands magasins, tantôt en pleine partie de ballon chasseur, « danse moderne de l’époque », elle nous fait déambuler dans son présent, à travers les moments clés de sa vie d’enfant, puis d’adolescente.

Et entre deux confessions, elle ouvre une autre page, celle d’un conte traditionnel. Mises en abyme qui stimulent encore plus l’imaginaire du spectateur, flottant quelque part, entre le réel et le fantastique. D’une morale de conte se dessinent d’autres instants de sa vie. Judith grandit, toujours en quête de sa propre existence, d’un talent à faire éclore. Elle se sert des rues de la ville pour nous immerger dans ses nostalgies et nous conter ses anecdotes. Anecdotes qui peuvent aussi se transformer en chansons, et tel un jukebox, Judith lie et délie sa musique.

On vit ses premiers émois amoureux, son attirance pour les femmes, ses premiers engagements… Puis on repart, projeté dans un nouveau conte. On pense atterrir, mais non, Judith semble encore avoir un dernier tour dans son sac.   Le spectacle est comme un gros baluchon rempli d’histoires. Et pendant sa balade, elle pioche tour à tour des souvenirs, des images, des contes et des chansons. Sans transition, on passe d’un récit à un autre. Au début un peu dérouté, on prend vite le rythme de ce méli-mélo de supports, d’arts et de contes. Et quand on ne s’y attend plus, elle nous invite à revenir à la réalité puis nous encourage à poursuivre notre propre voyage, dans cette « tendre quête des futilités ».

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