Engagements culturels de Valérie Plante et de Denis Coderre

Quelles orientations donner aux politiques culturelles d’une ville cosmopolite comme Montréal? C’est la grande question posée par l’organisme Culture Montréal aux deux principaux aspirants à la mairie le 5 octobre dernier au Monument-National. Retour sur une soirée enrichissante.

La formule est simple explique d’emblée le modérateur de la soirée, le journaliste Michel Désautels. D’abord, les deux candidats présentent les grandes lignes de leurs politiques culturelles. Ensuite, chacun sera rejoint par un conseiller en matière de culture, membre de leurs partis respectifs afin de connaître leurs mesures concrètes. En retirant l’aspect  « débat et attaques personnelles », Culture Montréal mise explicitement sur le contenu des quatre politiciens.

Valérie Plante, cheffe de Projet Montréal, prend la parole en premier. Autrefois étudiante en anthropologie et en muséologie, son objectif fondamental est de mettre l’accent sur la profondeur de l’art puisque ses répercussions vont bien au-delà de la rentabilité économique. « Ce qui préoccupe les gens, c’est la crainte d’une culture limitée comme objet de consommation et de divertissement uniquement », clame-t-elle. Pour la candidate, la culture doit inclure les citoyens de tous les horizons et forger des liens entre eux. En plus de favoriser le développement local, elle souhaite intervenir davantage auprès des artistes précaires.

VP
La candidate au poste de conseillère de ville Christine Gosselin et la candidate à la mairie Valérie Plante.

© Rose Carine Henriquez

Dans la deuxième partie, accompagnée de la candidate au poste de conseillère de ville Christine Gosselin, Valérie Plante souligne un important problème: l’augmentation continuelle des taxes foncières. En conséquence, plusieurs créateurs se voient contraints de renoncer à leurs ateliers, faute de financement. « Sans les artistes, il n’y a pas de quartiers culturels», rappelle Mme Gosselin. Projet Montréal désire donc limiter les taxes foncières en plus de mieux soutenir les organismes communautaires.

Valérie Plante promet aussi de rouvrir le célèbre Théâtre de Verdure, fermé depuis déjà quatre ans. Elle propose aussi une charte de la vie nocturne qui soutiendrait les tenanciers de bar et le transport en commun de nuit tout en instaurant des mesures pour diminuer le bruit. Elle termine en annonçant son intention si elle est élue mairesse, d’augmenter le budget du Conseil des arts de Montréal de 15 à 20 millions et, pour les années subséquentes, de l’indexer au taux d’inflation. Une mesure concrète et opposée à l’annonce de l’administration Coderre qui souhaite atteindre les 20 millions seulement en 2020.

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La candidate au poste de conseillère de ville Marie-Josée Parent et le maire sortant Denis Coderre.

© Rose Carine Henriquez

Pour sa part, dans son discours d’entrée, Denis Coderre, du parti du même nom, reprend les bons coups de son administration au cours des quatre dernières années. Ensuite, Michel Désautels le questionne sur ses interventions au sujet des nations autochtones. Rejoint par Marie-Josée Parent sur scène, de descendance autochtone et acadienne, monsieur Coderre cause de l’importance de la diversité et de la nécessité d’y inclure les nations autochtones. « Montréal est la plus grande communauté autochtone au Québec, selon les statistiques entre 25,000 et 40,000 et ils ne veulent pas se faire dire comment être qui ils sont », rappelle Mme Parent.

Monsieur Coderre rappelle ensuite que « la culture est un investissement » et qu’il faut continuer de miser sur les festivals, une vitrine remarquable pour les artistes d’ici. De plus, comme le mentionnait madame Plante, il souhaite trouver un moyen d’assurer la « pérennité des ateliers des artistes » avec un crédit de taxe. Quant au Théâtre de Verdure, le politicien aimerait gagner l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, présentement détenu par Projet Montréal, pour rouvrir le site dès que possible. Déjà en cours, la revitalisation de la bibliothèque Saint-Sulpice demeure un engagement important de l’administration Coderre.

Tout compte fait, la démocratisation de la culture s’avère le point de convergence entre les deux partis. Malgré quelques divergences, tous s’entendent pour accentuer le rôle du citoyen au sein d’une culture qui lui ressemble. Les défis demeurent nombreux tant pour les artistes à faible revenu que pour les politiciens municipaux soumis aux budgets provincial et fédéral. Aussi, comme le mentionne la présidente de Culture Montréal Liza Frulla, où se situe la culture francophone, plus menacée que jamais, dans cette grande Amérique?

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