LA SERRE: au service de l’artiste

Le OFFTA donne son coup d’envoi en ce mardi 30 mai et entre dans sa deuxième décennie avec une programmation émergente et toujours aussi audacieuse. Et l’émergence étant une question de posture, la fondatrice du festival Jasmine Catudal et son co-directeur Vincent de Repentigny ont fondé LA SERRE – Arts vivants en 2015, un organisme de production qui place l’artiste au cœur de sa préoccupation.

En s’inspirant d’initiatives internationales et au terme de nombreux voyages afin d’observer d’autres modèles, LA SERRE a pris forme dans l’objectif d’être un modèle de soutien comme il n’en existe pas vraiment, pionner dans un paysage en mutation. « L’idée était de voir comment on pouvait être une structure charnière pour soutenir la pratique de l’artiste à tous les niveaux pendant ce moment de l’émergence », explique Vincent. Cette mission se décline en trois volets. La part événementielle dans laquelle s’inscrit le OFFTA, mais aussi des réalisations ponctuelles, comme Vous êtes ici que nous retrouverons à l’automne ou Possibles 05 dans le cadre des festivités du 375ème.

« À force d’aider les artistes durant le OFFTA, on a vu plein de besoins émerger et on était vraiment en contact avec la problématique de l’émergence artistique. » – Jasmine Catudal.

À cela s’ajoute le volet de soutien aux artistes, véritable accompagnement de ceux-ci dans la réalisation de leurs projets. « On parle de la recherche-création à la diffusion de l’œuvre. Ça demeure le projet de l’artiste entièrement, mais nous on est la structure qui l’accompagne », commente Vincent. Tout comme le spectacle Plyball de Gabriel Plante en 2016, Exhibition – L’exhibition présenté au FTA cette année, sont des exemples de productions soutenues par LA SERRE. La variété d’outils que celle-ci veut mettre à disposition des artistes touche autant le côté administratif, artistique ou le développement des partenariats.

Le dernier volet, le plus récent des trois, consiste en des ateliers tenus au Monument-National, lieu de résidence de LA SERRE depuis 2016. Lieu de rencontre pédagogique et de création où les membres sont invités à investir des espaces sous-utilisés. LA SERRE tente ainsi de créer un lien entre l’organisme et la communauté.

Un an et demi après sa création, l’organisme n’en est pas encore au point de remarquer de réelles retombées dans le milieu artistique. Cela prendrait possiblement sept ans plaisante Jasmine, comme elle l’a observé avec le OFFTA. LA SERRE se veut tout de même pérenne et surtout pertinent. « On travaille aussi beaucoup dans une idée d’écosystème, donc d’être complémentaire aux structures qui existent déjà. On n’est pas un diffuseur de plus, on se positionne avec l’artiste. Ce qu’on essaie de mettre en place, c’est que ce modèle soit avantageux pour tous les acteurs », développe Vincent.

L’essentiel reste toujours cette écoute envers l’artiste. Les co-fondateurs insistent, ils seraient à côté de leur mandat s’ils tentaient d’imposer leur modèle. L’important selon Vincent est que les outils que LA SERRE développe soient souples et s’adaptent aux besoins de chacun.

Du côté du festival

 Cette 11ème édition est menée par le fil rouge de la complexité. Une sorte de chaos dans lequel émergent des choses, dans lequel on peut s’abreuver selon Vincent. Toujours dans l’idée de présenter l’émergence, des imaginaires en construction, des idées novatrices. Le festival est construit de manière à ce que le spectateur ait accès à une multitude de propositions. Entre ses programmes doubles, ses événements spéciaux et l’accès à des résidences d’artistes. Le plus souvent, on retrouve des projets sous formes d’étapes, inachevés. « Il y a quelque chose de tellement vivant, dans cet espèce de fragilité. Ça fait des projets qui sont décomplexés », pense Jasmine. Ce qui donne un rapport simple à la représentation, que ce soit pour l’artiste ou le public. 

Des coups de cœur non-exhaustifs :

30 mai, programme double

Le temps des lilas – Audrey Villiard: La réalisatrice monte des films à l’aide de manette de jeux vidéos. En direct devant les spectateurs, le résultat peu changer d’un soir à l’autre.

Running piece – Jacques Poulin Denis, Grand Poney: Les danseurs courent, se déplacent, évoluent sur un tapis roulant. Cette première étape de travail tourne autour du thème de la temporalité.

1er juin, événement spécial

Je me souviens – Buffalo Hat Singers, Nadia Myre, Johanna Nutter, Ange Loft, ReCollection Kahnawake Collective, Carlos Rivera, Marco Collin, Nina Segalowitz, Meky Ottawa.

Sept performances d’artistes autochtones portant sur la politique et l’identité.

2 juin

Ce qu’on attend de moi – Philippe Cyr et Gilles Poulin-Denis: Chaque soir, un spectacteur sera désigné pour être acteur de cette pièce poétique et sensible, inspiré de L’éloge de la fuite d’Henri Laborit.

3 juin, événement spécial

Body Politic – Nic Green, projets hybris, Helen Simard, Mele Broomes: Première collaboration internationale pour le festival. Des artistes de Glasgow sont jumelés avec des artistes québécois pour un déambulatoire festif.

5 juin, programme double

Vodka-croissant – Ève Pressault: Réflexion philosophique sur le désir entre un homme et une femme dans une exploration en vidéo et en mouvement.

Le bonheur – François Bernier: Théâtre documentaire autour de notre furieuse quête du bonheur.

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